Rentrée 2021 : coup d’accélérateur sur les recrutements

L’activité de recrutement en France s’est intensifiée au milieu de l’été, à partir de mi-juillet, et dans la perspective de la rentrée de septembre. Ainsi, au 10 septembre 2021, le volume d’offres d’emploi est de 16,5 % supérieur à son niveau de référence pré-pandémie. « On a effacé la crise sur le marché du recrutement », explique Alexandre Judes, économiste au sein du Hiring Lab, dans l’épisode n°15 du podcast Jobnews by Indeed.

 

Le graphique en courbes illustre l’évolution en pourcentage des offres d’emploi en France au 10 septembre 2021, par rapport au 1er février 2020, corrigée des variations saisonnières. L’axe vertical indique une échelle de -40 à 0. L’axe horizontal indique les dates, de février 2020 à septembre 2021. Les données, corrigées des variations saisonnières, proviennent d’Indeed.

 

Le marché du travail français est donc de plus en plus sous tension, avec un volume d’offres d’emploi supérieur à la demande. Pour preuve, s’il fallait en moyenne 23 jours pour pouvoir une annonce sur Indeed avant la crise, ce délai est passé aujourd’hui à 28 jours, précise Alexandre Judes (cf. épisode 14 du podcast Jobnews by Indeed). Les secteurs les plus touchés par la pénurie de main d’oeuvre sont l’hôtellerie-restauration (en cause la réorientation de nombreux professionnels ayant quitté le secteur), la construction, et le stockage-entreposage (parallèlement au développement de la vente à distance).

Si on regarde plus en détail les secteurs qui recrutent plus qu’avant la crise, on retrouve en premier lieu les métiers de la santé, de l’hygiène et les services de proximité ou à la personne. À l’inverse, les recrutements dans le secteur aérien ou l’ingénierie (civile, électrique, chimique) souffrent toujours, faisant peser une lourde menace sur la santé de l’industrie française.

 

Le tableau illustre les disparités entre secteurs dans les annonces sur Indeed.fr au 27 août 2021. La première colonne liste les métiers choisis, la deuxième colonne indique l’évolution par rapport au 1er février 2020 et la troisième colonne précise la variation par rapport au 31 décembre 2020 en points de pourcentage. La première partie du tableau indique les métiers pour lesquels les recrutements reprennent, leur évolution et leur variation ; la seconde partie liste ces mêmes indicateurs pour les métiers dans lesquels les recrutements restent en forte baisse. Les données, corrigées des variations saisonnières, proviennent d’Indeed.

 

Sur les derniers mois, ce sont surtout les métiers du tourisme et de la restauration qui ont accéléré leurs recrutements, depuis mai dernier. Une reprise d’autant plus attendue que ces métiers ont été en première ligne du choc de la crise.

 

Le graphique en courbes illustre la reprise des recrutements en France dans différents secteurs et l’évolution, en pourcentage, du volume d’offres au 10 septembre 2021. L’axe vertical indique les pourcentages, entre -80 et 60. L’axe horizontal indique les dates, de février 2020 à septembre 2021. Les courbes individuelles représentent les secteurs : les professions « essentielles », les métiers du bâtiment et de l’habitat, les métiers du tourisme et de la restauration, ainsi que les autres professions dites « non essentielles ». Les données, corrigées des variations saisonnières, proviennent d’Indeed.

 

À noter cependant que cette embellie profite à l’emploi salarié (notamment dans le privé), mais que l’intérim a perdu des emplois. En 2020, l’intérim a absorbé une grosse partie du choc de la crise et ne profite pas du rebond aujourd’hui. Alexandre Judes avance une explication à ce phénomène. « Puisque les entreprises ont du mal à recruter dans certains secteurs, notamment dans la construction qui est traditionnellement grosse consommatrice d’intérim, les employeurs sont incités à proposer des contrats plus attractifs aux candidats ». D’où le retrait de l’intérim au profit des CDD et CDI.

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