Covid-19, un an après : quelles transformations du marché du travail ?

Un an après l’arrivée de la pandémie, le marché du travail français n’est plus le même. Grâce à la richesse de ses données, l’institut de recherche d’Indeed – le Hiring Lab – a analysé ces transformation et publie un rapport détaillant les nouveaux débouchés du marché de l’emploi français, les emplois les plus concurrentiels et l’évolution du comportement des candidats.

 

Un marché du travail lourdement affecté : 7% d’offres d’emploi en moins

Les données Indeed montrent une chute du volume d’offres d’emploi et un changement dans la structure des annonces depuis le début de la pandémie. Le volume d’offres fait état des lieux d’une santé fragile de notre économie et n’a pas recouvré son niveau d’avant crise. Mi-mars 2021, le volume d’annonces sur Indeed.fr restait inférieur d’environ 7 % à son niveau pré-pandémie.

La répartition des offres a évolué et la demande de travail a mieux résisté dans certains secteurs que dans d’autres. Les reculs les plus importants ont été enregistrés dans des secteurs mis à l’arrêt, comme la restauration ou l’éducation et la formation. Le nombre d’offres d’emploi dans ces secteurs a chuté de près de 30 % par rapport à 2019. À l’inverse, la part des emplois dans les secteurs des soins infirmiers, de la construction ou de l’hygiène et de la santé a augmenté.

 

Des candidats toujours en recherche et prêts à se réorienter

L’évolution des annonces s’accompagne de changements importants dans le comportement des candidats et les offres sur lesquelles ils cliquent. Les emplois peu rémunérés représentent une proportion croissante des recherches d’emploi, ce qui laisse supposer que le segment de la population active le plus durement touché par la crise a le plus besoin de travailler. Dans l’ensemble, les gens déplacent leurs recherches vers des secteurs qui, selon eux, offrent plus de possibilités, ce qui signifie souvent qu’ils cherchent en dehors de leur profession actuelle. L’intérêt pour la grande distribution, l’agriculture, la production et la fabrication, les soins infirmiers et surtout, les métiers de la vente de détail a fortement augmenté. À l’inverse, la restauration et les métiers de la vente et de la prospection commerciale sont ceux qui reculent le plus sur la période.

 

Des déséquilibres encore plus prononcés sur le marché du travail

«  Le choc économique brutal de 2020 laissera des traces profondes sur le marché du travail, amplifiant les déséquilibres et soulignant, une fois encore, les problèmes structurels du marché de l’emploi en France », indique Alexandre Judes, économiste chez Indeed France. «  Mais si ces changements persistent – ce qui semble probable au moins à court ou moyen terme – alors la difficulté d’apparier l’offre et la demande sur le marché du travail risque de se cumuler avec celle de la création d’emploi ».

En effet, dans le contexte actuel de faiblesse du marché du travail, certains secteurs sont devenus beaucoup plus difficiles d’accès pour les candidats, tandis que dans d’autres, comme la santé, la pénurie de candidatures est toujours la norme. En décembre 2020, l’indice de clics par annonce dans le secteur de l’hôtellerie et du tourisme avait augmenté de 26 % par rapport à 2019, alors que celui dans les soins infirmiers avait lui chuté de 53 % !

L’inadéquation entre les demandeurs d’emploi et les postes disponibles s’est accrue : Les offres d’emploi semblent ainsi évoluer plus vite que les recherches des candidats. Qui plus est, les recruteurs et les candidats ont évolué dans des directions différentes, accroissant l’inadéquation de l’offre et de la demande sur le marché du travail.

 

Consultez davantage d’analyses économiques sur le site du Hiring Lab.