Progression des secteurs de la propreté, de l’hygiène et des services à la personne sur le marché du travail

De manière régulière depuis le début de la crise, Alexandre Judes, économiste au sein du Hiring Lab, suit l’évolution du nombre d’offres d’emploi sur Indeed. À la veille de la rentrée de septembre, les annonces sont stables et le flux de nouvelles offres est revenu au niveau des années précédentes (données au 28 août 2020).

Cependant, le marché du travail tend à se transformer. La comparaison des flux de nouvelles offres avant, pendant et après la crise permet de mettre en évidence la progression des métiers de la propreté, de l’hygiène et les services à la personne, alors que l’industrie décline. Si le secteur de la propreté « bénéficie » directement de la situation sanitaire, l’essor des services à la personne s’inscrit quant à lui dans une tendance plus large d’évolution des modes de vie et d’organisation des foyers que la pandémie aura contribué à accélérer.

Depuis mi-avril, l’augmentation des nouvelles annonces dans le secteur de la propreté et de l’hygiène et de la garde d’enfants est particulièrement notable. À l’inverse, les soins infirmiers affichent une baisse de plus de 5 points, aisément explicable par les besoins très importants dans le secteur alors que la première vague sévissait ; une évolution en miroir de celle du secteur de la restauration, qui effectue un rebond par rapport à une période où les restaurants étaient sous le coup d’une obligation de fermeture administrative pour juguler la pandémie. Les métiers de la vente et du transport ont également vu leur part augmenter dans le total des offres.

Si on regarde à plus long terme, la crise du coronavirus a contribué à accélérer la transformation du marché du travail français. En effet, en comparant les flux de la fin août 2020 avec ceux de la fin août 2019 pour tenir compte de la saisonnalité, la propreté et l’hygiène et les services à la personne (garde d’enfants, soins personnels et à domicile en particulier) sont les secteurs qui affichent la plus forte progression dans la part des nouvelles offres d’emploi. L’enseignement et la formation affiche un recul très important (3,2 points de pourcentage sur l’année, et 1,2 point depuis le 19 avril). Les postes dans l’industrie (production et fabrication et ingénierie industrielle) reculent également sur l’année. Les fonctions de comptabilité et management résistent en revanche plutôt bien, alors qu’elles avaient fortement reculé pendant le confinement. Ce n’est pas le cas pour les services administratifs ou les ressources humaines, qui voient leur importance s’effriter.

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