Chômage : la tendance à la baisse est confirmée, mais le halo est au plus haut

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Alexandre Judes, économiste au sein du Hiring Lab d’Indeed, fait le point sur les chiffres du chômage au 4e trimestre 2019. Avec une chute de 0,4 point sur le trimestre (et 0,7 sur l’année), le taux de chômage enregistre sa plus forte baisse depuis le deux ans pour s’établir désormais 8,1 % de la population active. Cette baisse s’accompagne cette fois d’un léger regain du taux d’activité mais qui ne compense pas la baisse des trimestres précédents.

Ces chiffres confirment la solidité de la tendance, amorcée en 2015, de baisse continue mais lente du chômage. Il n’a toujours pas retrouvé son point bas d’avant-crise (7,2 % début 2008). C’est là le reflet de la rigidité du marché en France, qui a pour effet de retarder la transmission des chocs conjoncturels, qu’ils soient positifs ou négatifs, au marché du travail.

La hausse du taux d’activité met fin à trois trimestres de baisse et s’établit à 71,8 % de la population en âge de travailler (de 15 à 64 ans), soit plus de 2 points que son niveau d’avant-crise. Le halo autour du chômage est néanmoins à son plus haut niveau depuis 2003, à 1,7 million de personnes. Cela signifie que 4 % de la population âgée entre 15 et 64 ans voudrait travailler, mais est considérée comme inactive et non pas au chômage, soit parce qu’elle ne recherche pas activement un emploi, soit parce qu’elle n’est pas disponible.

La hausse du halo, accompagnée d’une hausse du taux d’activité, devrait inciter le gouvernement à poursuivre les réformes structurelles du marché du travail, en s’attaquant notamment au sujet de la mobilité, à la fois géographique et sectorielle. C’est en effet la piste la plus consensuelle pour continuer à « flexibiliser » un marché du travail qui a subi de nombreuses transformations ces dernières années. Faciliter les transitions professionnelles d’un secteur à un autre, atténuer l’importance du diplôme au profit de l’expérience, du sérieux et de la motivation des candidats ou réduire les temps de trajets quotidiens pourrait en effet inciter de nombreux inactifs ou chômeurs à prendre plus de risques et contribuer à réduire le stock d’offres non pourvues.