Une rentrée en demi-teinte pour le marché du travail

Profitons de cette rentrée et de la parution récente des chiffres du chômage et de l’emploi salarié pour faire le point sur la santé du marché du travail en France.

L’été a apporté une bonne nouvelle pour le marché du travail avec l’annonce par l’INSEE en août de la poursuite du recul du chômage. Au 2e trimestre 2019, le chômage a encore baissé pour se positionner à 8,5 %, soit une baisse de 0,2 point par rapport au premier trimestre. Nous atteignons ainsi un nouveau record avec le taux le plus bas depuis 10 ans !

 

Mais cette bonne nouvelle ne doit pas pour autant masquer les inquiétudes qui pèsent sur le marché de travail français. Dans un récent article publié par Alexandre Judes, notre économiste explique tout d’abord que la conjoncture instable (essoufflement de la croissance économique) est une réelle menace. Il souligne que le taux d’activité ne progresse pas malgré le recul du chômage, il baisse même légèrement. Pour rappel, le taux d’activité est le rapport entre le nombre d’actifs (actifs occupés et chômeurs) et l’ensemble de la population en âge de travailler. Ainsi, un nombre non négligeable de Français en âge de travailler deviennent des inactifs, c’est-à-dire qu’ils renoncent à exercer ou chercher un emploi. Ce « halo autour du chômage » concerne tout de même 1,5 million de personnes qui ne sont pas comptabilisées dans les chiffres du chômage.

Les derniers chiffres de l’emploi salarié publiés le 10 septembre par l’INSEE incitent également à la prudence. La France continue de créer des emplois (56 200 emplois salariés créés au 2e trimestre 2019), mais c’est deux fois moins qu’au premier trimestre et quelque peu décevant par rapport aux estimations faites durant l’été. Ce ralentissement s’observe nettement dans le salariat privé, notamment dans les secteurs des services marchands (première source de création d’emploi), de l’industrie et de la construction. À l’inverse, la fonction publique et les services non marchands créent plus d’emplois qu’au premier trimestre, même si cela ne suffit pas à compenser le ralentissement observé ailleurs.