Comment intégrer les soft skills dans votre stratégie de recrutement

En tant que recruteur ou responsable du recrutement, vous savez qu’embaucher les bonnes personnes demande de la créativité, de l’ingéniosité et parfois un peu de chance. Vous pouvez vous assurer que les candidats possèdent bien les compétences techniques (hard skills) nécessaires, mais qu’en est-il des compétences comme l’esprit d’équipe ou l’attitude face aux conflits ?

Le travail est fondamentalement une entreprise sociale. Nous interagissons avec des collègues, des clients ou des consommateurs. Et l’intelligence artificielle n’y changera rien. Une récente étude de Deloitte intitulée L’entreprise sociétale, un nouvel essor sur les tendances RH dans le monde, publiée en 2018, montre que la capacité à résoudre des problèmes complexes, les facultés cognitives et les compétences non techniques (soft skills) sont toujours autant recherchées.

Le problème est que, bien qu’il soit relativement simple de sélectionner des compétences techniques, comment évaluer des aptitudes comme l’empathie ? Cela peut être difficile même pour des recruteurs expérimentés. Pour autant, ce sont bien souvent ces soft skills qui sont les plus déterminantes pour la réussite du candidat après son embauche.

Qu’entend-on par soft skills ?

Tout le monde a une idée de ce que sont les soft skills. Certains les appellent les compétences interpersonnelles ou sociales. Elles sont en effet des attitudes et des comportements qui s’expriment par notre façon de travailler et par la facilité avec laquelle nous interagissons avec les autres.

Les soft skills peuvent aider à améliorer la productivité et à renforcer la communication. Elles sont un bon indicateur de la capacité d’une personne à s’intégrer dans l’entreprise et à en épouser la culture. Enfin, une bonne combinaison de ces traits parmi les employés peut aider à diversifier et à enrichir l’organisation.

Voici quelques-unes de ces compétences générales que vous pouvez examiner :

  1. La communication
  2. La résolution de conflits
  3. La créativité
  4. L’esprit critique
  5. La fiabilité
  6. L’empathie
  7. La flexibilité, capacité d’adaptation
  8. La capacité à résoudre des problèmes

La communication, la résolution des conflits et des problèmes aident les employés à faire face à d’éventuelles difficultés. La créativité et l’esprit critique permettent de trouver de nouvelles solutions, de nouvelles opportunités. L’empathie et la flexibilité assurent une bonne entente entre les collaborateurs. Il en existe beaucoup d’autres – de la responsabilité au leadership en passant par l’éthique au travail. Alors, prenez le temps de réfléchir à ces compétences requises pour les postes que vous souhaitez pouvoir.

Repérer les soft skills dans les candidatures

Il est facile de demander certaines compétences lorsqu’on ouvre un poste, mais comment vous assurer que les candidats les ont réellement ? Lorsqu’ils postulent, les chercheurs d’emploi doivent montrer les soft skills que vous recherchez par des exemples dans leur CV et leur lettre de motivation.

Soulignent-ils des exemples de collaboration ou se présentent-ils comme d’uniques génies ? S’ils mettent en valeur l’esprit d’équipe, c’est bon signe. Si vous recherchez des employés à former ayant une bonne capacité d’apprentissage, vous pouvez aussi vérifier si les candidats mettent en avant de récentes formations ou des certifications.

À ce titre, les lettres de motivation sont très intéressantes. Leur usage tend à se réduire, pour autant elles sont utiles lorsque le candidat décrit quel travail lui correspond le mieux en fonction de sa personnalité.

Bien évidemment, personne ne répondra à votre offre d’emploi en déclarant qu’il déteste les gens ou qu’il n’est absolument pas fiable. Pour tester les soft skills du candidat, vous devez attendre l’entretien.

Évaluer les soft skills en entretien

Bonne nouvelle : vous pouvez évaluer les soft skills sans les aborder directement. Voici quelques exemples.
Arriver à l’heure montre la ponctualité et la fiabilité.
Maintenir un contact visuel et poser de bonnes questions est signe d’une écoute active.
Raconter des histoires qui correspondent aux exigences du poste démontre une communication efficace.
Reconnaître la contribution des membres de l’équipe est une preuve d’intégrité.

Pour approfondir, vous pouvez mener des entretiens basés sur le comportement. En utilisant la méthode STAR (Situation, Tâche, Action et Résultat), demandez aux candidats de vous raconter des expériences passées afin de mieux comprendre comment ils ont géré divers scénarios. Écoutez s’ils incorporent des compétences générales dans la situation, la tâche, l’action et le résultat. Ont-ils démontré les soft skills dont vous avez besoin ? Manquait-il quelque chose à leur propos ?

Voici quelques modèles de questions que vous pouvez adapter.

Résolution de conflits : « Décrivez un problème majeur que vous avez rencontré avec des collègues et expliquez comment vous avez aidé à le résoudre ». La réponse traduira du candidat sa manière de travailler et d’aborder les problèmes.

Créativité : « En quoi la créativité peut-elle être importante pour ce poste ? ». La plupart des emplois exigent de la créativité. Si le candidat passe à côté, il manque le point.

Esprit critique : « Pensez à une tâche qui vous a été confiée, qui n’était pas claire ou pas pertinente. Pourquoi avez-vous pensé cela et comment l’avez-vous géré ? ». La réponse vous fournira un bon aperçu des capacités de raisonnement et d’analyse du candidat, ainsi que de sa manière de traiter des questions délicates.

Empathie : « Pourquoi avez-vous quitté (ou quittez-vous) votre employeur ? ». Dans ce cas de figure, valorisez les réponses qui présentent l’ancien employeur de manière positive.

Capacité à résoudre des problèmes : « Parlez-moi d’une situation de crise que vous avez vécue au travail et où vous avez évité une catastrophe ». Un candidat futé vous racontera comment il a pû anticiper le désastre et l’éviter avant d’en arriver à une situation de crise.

Au-delà de l’entretien

Bien sûr, vous devriez toujours vérifier les références, et pas seulement des précédents managers. Les ex-collègues peuvent être plus susceptibles de vous éclairer sur les soft skills d’une personne. Alors n’hésitez pas à demander ces deux types de référence. En effet, les managers peuvent partager des informations précieuses sur les compétences techniques du candidat, sa connaissances du secteur, sa performance et son aptitude à être coaché. Tandis que les anciens pairs peuvent davantage juger de la manière dont un collègue gère son stress, collabore avec les autres et fait preuve de fiabilité.

Cette collecte d’informations des deux côtés vous aidera à dresser un portrait plus complet du candidat.

En conclusion

Il n’est pas évident de recruter les personnes qui ont la bonne combinaison de soft skills. Cela demande également du temps. Mais ces compétences sont essentielles au succès dans n’importe quel poste. C’est pourquoi il est utile de prendre le temps de bien faire les choses au moment du recrutement.

Veillez donc à bien réfléchir à la manière dont vous pouvez en apprendre davantage sur vos candidats, en tant que personnes interagissant avec d’autres. Et pourquoi ne pas mettre en pratique certains de ces conseils ? Cela pourrait bien être fructueux à long terme.